L’entraînement pliométrique s’accompagne de plus grandes améliorations des
performances au saut et au sprint si sa fréquence hebdomadaire est petite ou
moyenne que si elle est grande
L’entraînement pliométrique est couramment utilisé en sport de haut niveau, particulièrement dans les disciplines où il faut courir et sauter. Un exercice pliométrique fait travailler les muscles de façon concentrique et explosive après une contraction excentrique.
On ne sait pas quelle est la fréquence hebdomadaire des séances de pliométrie qui maximise l’amélioration des performances. Un nombre élevé de séances chaque semaine constitue une plus grande charge d’entraînement, mais cette stimulation plus importante peut s’accompagner d’une trop grande fatigue et, donc, d’une amélioration moins prononcée.
Dans cette étude, 42 étudiants ont été assignés aléatoirement à l’un ou l’autre des quatre groupes suivants :
Groupe témoin : aucune séance de pliométrie
Groupe expérimental 1 : 7 séances de sauts « drop jumps » en autant de semaines
(1 séance par semaine);
Groupe expérimental 2 : 14 séances (2 par semaine);
Groupe expérimental 3 : 28 séances (4 par semaine).
Chaque séance comprenait des sauts verticaux après s’être laissé tomber d’un banc de 20, 40 ou 60 cm (« drop jumps »). Avant et après la période d’entraînement, on a mesuré la force maximale dynamique (1 RM) et isométrique, la hauteur du saut vertical (drop jump) et la performance au sprint de 20 m.
Résultats :
- Pas d’amélioration des indices de performance dans le groupe témoin;
L’entraînement à fréquence moyenne (2 séances par semaine) s’est accompagné d’une aussi grande amélioration que celui à fréquence élevée (4 séances par semaine), d’où une plus grande amélioration par saut (0,014 % contre 0,011 % par saut);
- Même observation pour la performance au sprint de 20 m, pour le temps de contact au sol et pour la force maximale : fréquences hebdomadaires petite et moyenne aussi efficaces que la fréquence élevée.
Ces résultats suggèrent qu’il vaut peut-être mieux restreindre le nombre de séances d’entraînement pliométrique effectuées chaque semaine. À noter cependant que les résultats de cette étude ne permettent pas d’affirmer que ce principe s’applique également aux athlètes de très haut niveau qui peuvent jouir d’une plus grande facilité de récupération.
Thème(s)
Préparation à la performance
Rédacteur
Xavier Bonacorsi, étudiant en kinésiologie, Université Laval, xavierbonacorsi@gmail.com
Éditeur
Guy Thibault, Ph.D., Direction du sport et de l’activité physique, gouvernement du Québec;
Département de kinésiologie de l’Université de Montréal; et INFE
Mots clés
Pliométrie, fréquence hebdomadaire des séances, saut, sprint
Sports ciblés
Tous les sports où il y a des sauts ou des sprints
Source primaire
de Villarreal ES, JJ González-Badillo et M Izquierdo (2008) Low and moderate plyometric training frequency
produces greater jumping and sprinting gains compared with high frequency. J Strength Cond Res 22(3):715-25.
www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/18438249?
Lectures suggérées
Ronnestad BR et coll. (2008) Short-term effects of strength and plyometric training on sprint and jump performance
in professional soccer players. J Strength Cond Res 22(3):773-80.
www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/18438241?
Markovic G et coll. (2007) Effects of sprint and plyometric training on muscle function and athletic performance.
J Strength Cond Res 21(2):543-9.
www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/17530960?